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• Didier Lockwood : état de grâce

Publié le par brouillons-de-culture.fr

 

didier-lockwood.jpgLes néologismes "jazz-fusion" et "electro-jazz" ont rarement trouvé un si plein et juste emploi que dans le cas de Didier Lockwood. Comme s'il s'appropriait ces mots galvaudés pour en faire un langage à part entière. Langage complexe et pourtant directement accessible. Qui nous semble d'emblée familier, évident.

 

Didier Lockwood ne triche pas : il ne recourt pas davantage aux derniers tics jazzistiques à la mode qu'il ne copie les grands anciens, fût-ce avec ingéniosité. À chaque note il dessine les contours d'un univers qui lui est propre. Quelles que soient ses sources d'inspiration, il les passe au travers du filtre de son génie créateur.

 

Musiques africaines, turques, musique classique, électro, jazz : des ingrédients jetés dans son chaudron magique, en véritable maître queux, Lockwood concocte un plat sonore qui enchante nos oreilles. Son sens aigu de la mélodie et un don pour l'improvisation qui semble chez lui une seconde nature finissent par mettre tout le monde d'accord.

 

© McYavell

Didier_Lockwood-jazz-angels.jpg

La salle comble de la Grande Halle de la Villette (28 avril dernier*) était des plus hétérogènes. De tous âges, de toutes origines et surtout de toutes familles musicales. Des habitués des clubs et des caveaux, applaudissant vigoureusement à la fin de chaque solo aux éclectiques éclairés qui goûtaient chaque morceau comme un grand crû, en passant par les fans de musiques urbaines qui secouaient leurs fauteuils à chaque morceau un peu groovy. Tous communiant dans un plaisir intense, exprimé de mille et une façons.

 

 

Didier Lockwood aime les gadgets et les innovations techniques. Mais ne les conçoit pas comme une fin en soi. Ils deviennent instruments au service de son art. Il leur insuffle vie, ampleur, ne transigeant jamais avec l'excellence. Et son public métissé est sensible à cette sincérité absolue, sans concessions. Avec eux, il muse et s'amuse. Le musicien joue, dans tous les sens du terme, et sa délectation d'être là est des plus communicatives. Sur scène il se plie, se déploie, bondit, au rythme de la musique. Maniant son violon électrique avec une dextérité volcanique, conjuguant à chaque instant énergie et maîtrise, exubérance et raffinement.

 

 

Étrangement, la césure entre composition et improvisation est invisible au profane. Aucun défaut de couture dans les transitions. Pour les "variations sur un thème" comme pour le reste, Lockwood n'offre aux spectateurs que le meilleur de lui-même. Et c'est à l'aune qu'il s'est fixée que travaillent ses musiciens : les "Jazz Angels", issus des meilleurs éléments de son école de jazz. Enseignement, transmission : une générosité et un don de soi qui portent leurs fruits.

 

didier-lockwood-the-jazz-angels.jpgUn batteur (Nicolas Charlier) stupéfiant d'inventivité et de maîtrise, exceptionnel dans le déchaînement orgastique comme dans le frôlement ou l'oscillation ; un pianiste (Thomas Enhco) qui joue, compose et improvise avec fougue, tendresse et amour du son. Un bassiste (Joachim Govin) qui ne se contente pas de jouer les utilités et tisse une toile musicale d'une maturité impressionnante. Un trompettiste (David Enhco ) qui sait faire de chacune de ses interventions un miracle d'équilibre et de justesse.

 

Avec eux, par eux, pour eux, Didier Lockwood se réinvente à chaque concert. Et trouve un second souffle pour d'autres aventures et collaborations qui, chaque fois, nous éjouissent l'âme.

  didierlockwood.com/fr


* en 1ère partie de concert, le légendaire Biréli Lagrène maria élégamment swing et electro-jazz dans une superbe énergie viscérale ; mais ceci est une autre (très belle) histoire que nous conterons à l'occasion d'un prochain article dédié au jazz manouche. To be continued...

 

 

 

Pascal Perrot, texte

Gracia Bejjani-Perrot, graphisme

 

Publié dans spectacle... vivant !

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• Les thrillers addictifs de Serge Brussolo

Publié le par brouillons-de-culture.fr

Depuis plus d'un quart de siècle, je suis un drogué notoire. Accro irrémédiable aux œuvres de Serge Brussolo. Avec plus d'une centaine de livres à son actif, ce magicien me fournit régulièrement ma dose. Avant de passer aux drogues dures, j'ai Serge-Brussolo.jpgcommencé par celles que l'on dit douces : ses deux recueils de nouvelles "Plus lourd que le vent" et "Vue en coupe d'une ville malade". Du fantastique, de la SF, mais comme on n'en avait jusqu'alors jamais lus, portés par une imagination sans limites.

 

Chaque nouvelle comporte, au minimum, une idée novatrice par page. Et les inventions les plus "délirantes" trouvent rapidement crédit à nos yeux, par la grâce d'une plume qui peut, en quelques traits, poser les fondations d'un personnage ou d'un paysage. Quand les lieux et les êtres sonnent vrais, qu'on peut en respirer l'odeur et la couleur, peut s'établir en nous la vérité des faits qui nous sont livrés. Brussolo romancier ? Fi donc ! Comment aurait-il pu, sur 250 pages -et plus si affinités- reproduire le miracle de ses textes courts ?

 

Circonspect, j'entrepris la lecture du "Syndrome duSyndrome-du-scaphandrier.jpgscaphandrier"… pour ne le lâcher qu'à la dernière page. L'histoire ? Celle d'un homme qui, chaque nuit, vit une existence parallèle dans le monde des rêves. Des voyages dont il ramène le sujet de ses sculptures et quelquefois des objets d'une troublante réalité. Mais tout se complique lorsqu'il envisage d'habiter définitivement le monde du rêve … On peut raconter le sujet central d'un livre de Serge Brussolo sans rien déflorer de l'histoire. Tant celle-ci est riche en rebondissements, en coups de théâtre, en trouvailles de génie qui la relancent dans les directions les plus inattendues.

 

Dans ses romans, tout peut arriver : une planète s'avère n'être qu'un alien endormi, comme dans "Territoire de fièvre". Les tatouages peuvent devenir vivants comme dans "Les semeurs d'abîme". Un ensemble de ruines se révéler être le squelette d'un monstre géant. Les livres devenir vivants. On y raconte des histoires aux morts dans leur tombe pour éviter qu'ils ne s'éveillent. Et des animaux empaillés reprennent brusquement vie.

 

La force de conviction de cet homme est immense et son don pour vous terrifier avec les fantasmagories les plus abracadabrantes proprement stupéfiant. Quelques dizaines de titres n'ont pas suffi à apaiser ma faim, tant chaque ouvrage diffère du précédent. D'autant plus étonnant qu'on ne compte pas moins de quatre à cinq romans dans ses années les moins fécondes.

 

 

chien-de-minuit.jpgQuand Brussolo passa en mode thriller, j'eus derechef des réticences. Son talent de conteur ne prenait-il pas le risque de manquer d'envergure confronté à notre monde réel ? "Le chien de minuit" vint me remettre les pendules à l'heure. Quelque domaine qu'il aborde, Brussolo est définitivement l'un des plus grands créateurs de fiction à l'heure actuelle. Un ancien surfeur dans la dèche trouve refuge sur les toits, plutôt que dans la rue. Là vit une tribu de hobos dans laquelle il parvient à se faire admettre. Ils escaladent les immeubles comme des alpinistes urbains. Leur rêve : arriver à planter un drapeau sur "Le chien de minuit", un immense bâtiment gardé par un vigile armé, qui n'hésite pas à traquer (jusqu'à la mort dit-on) ceux qui pénètrent dans son domaine.

 

Atmosphère et péripéties, action trépidante et légendes urbaines créent l'envoûtement parfait. Distillant tour à tour angoisse et coups de sang, Brussolo n'a pas son pareil pour faire monter l'adrénaline.

 

Héritier Brussolo

Dans "L'héritier des abîmes", l'héroïne doit rédiger la biographie de Morton Savannah. Cet auteur d'une série d'aventures fantastiques est devenu une sorte de demi-dieu pour ses fans, qui croient percevoir dans ses livres des messages venus de l'avenir. Une confusion entretenue par l'auteur "gouroutisé", qui se dit en contact avec un prêtre atlante et reproduit dans chaque livre des messages rédigés en une langue inconnue. L'héroïne devra passer plusieurs jours dans son domaine, une étrange communauté, isolée du monde extérieur, et qui possède ses propres lois. Mais auparavant survivre à son armée de fans, dont certains sont organisés comme des polices parallèles, et prêts à tout pour protéger leur idole.

 

Ceux-qui-dorment-en-ces-murs_brussolo.jpg"Ceux qui dorment en ces murs" se passe quelque part en Amérique du Sud. Une ville idéale devenue villégiature de retraite pour vieillards très fortunés. Autour, les bidonvilles. Derrière, la jungle ; menaçante. Les accidents fatals se multiplient soudain face à une police impuissante. Qui refuse de croire à la réalité de ceux que les Indigènes nomment "Le Maître d'École", celui qui, toujours à la même période de l'année, distribue les mauvais points pour ceux qui se sont mal comportés. Sous forme de mutilations, voire de mises à mort en cas de fautes graves ou de récidives.

 

Les points de départ chez Brussolo sont toujours extrêmement excitants. Les bifurcations brutales. Et le dénouement souvent imprévisible. Et ce, même quand on en a, comme moi, dévoré des dizaines.

 

Petit détail amusant : dans les trois-quarts de ses romans fantastiques et de ses thrillers contemporains, l'auteur prénomme ses héros David ou Nathan, et ses héroïnes Sarah. Comme si son imagination, entièrement focalisée sur le récit lui-même, ne pouvait s'encombrer d'autres détails.

L'homme maîtrise également à merveille un genre "déviant" auquel il a donné plus d'un chef d'œuvre : le thriller historique. de l'Ancienne Égypte à la Rome Antique, des pèlerins du Moyen Âge aux Vikings, sa plume nous fait voyager au cœur d'un passé tumultueux.

 

pelerins-Brussolo.jpg

Qu'il s'agisse de récupérer un trésor dans une pyramide truffée de pièges et de faux-semblant, qui plus est enfouie dans les sables mouvants ; de percer à jour le secret d'un chevalier qui ne quitte jamais son armure sans céder aux superstitions locales ; de déjouer le mystère d'un faux pèlerinage et de puissances "démoniaques"… Brussolo ne lâche jamais son lecteur qu'il tient en haleine d'un bout à l'autre. "Pèlerins des ténèbres", "Le labyrinthe de Pharaon", "La Captive de l'hiver" : autant de titres qui semblent avoir été écrits pour des insomniaques chroniques.

 

Impossible ici d'évoquer chacun des fleurons d'une production pléthorique, dans laquelle la qualité est toujours au rendez-vous. Il existe cependant des Brussolo "mineurs", des Brusssolo paresseux, dans lesquels l'intrigue se déroule sans accrocs, sans surprises. Mais même ceux-là témoignent d'un tel savoir-faire qu'ils dépassent de plusieurs coudées la plupart des thrillers basiques : on y décèle malgré tout la griffe inimitable du maître.

 

Les thrillers de Brussolo, qu'ils fussent historiques ou contemporains, peuvent selon moi, se diviser en deux catégories : brussolo_dortoir-interdit.jpgceux dont l'intrigue rebondit pratiquement à chaque page ("Le labyrinthe de pharaon", "La main froide", "La fille de la nuit" par exemple) et ceux où l'atmosphère prévaut. Souvent oppressante, anxiogène. Si l'action finit quand même par avoir le dernier mot, les réflexions et hypothèses des héros et des héroïnes, leurs découvertes progressives y sont prédominantes. Là, Brussolo peut donner totalement libre cours à son imaginaire débridé. C'est le cas de "Armés et dangereux", "Le murmure des loups" ou plus récemment de "Dortoir interdit".

 

Des romans fascinants à plus d'un titre, qui suscitent chez leurs lecteurs une irrémédiable addiction.

 

 

Pascal Perrot, texte

Gracia Bejjani-Perrot, graphisme

Publié dans polar pour l'art

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• Livres en bref : Salman Rushdie forever

Publié le par brouillons-de-culture.fr

Salman-Rushdie_.jpgSalman Rushdie et son oeuvre ne se résument pas à la fatwa lancée à son encontre par les intégristes islamiques depuis la parution des "Versets Sataniques". Cette menace de mort, plusieurs fois réactualisée, est l'arbre maléfique qui  cache la forêt.

 

Une envergure rarement atteinte dans la littérature contemporaine. Une richesse de pensée et d'écriture en constante effervescence. Qui mêle l'histoire au conte, l'humour à la philosophie. Dont les fruits sont des livres souvent enthousiasmants. Ses livres "mineurs", en dépit de leurs défauts de couture, se révèlent plusieurs crans au-dessus du tout venant littéraire.

 

 

luka_et_le_feu_de_la_vie.jpgSi "Luka et le feu de la vie" repose sur une fausse bonne idée, celle-ci n'en aboutit pas moins, au final, à un livre superbe. La fausse bonne idée de Salman Rushdie : introduire dans son conte l'univers des jeux vidéos de son fils. Elle se révèle à l'usage, un peu à côté de la plaque. Tout simplement parce que l'imaginaire de l'auteur est souvent cent coudées au-dessus de celui de la plupart des concepteurs.

 

Mais quel plaisir de voir Salman Rushdie replonger dans l'univers du conte, des lustres après le titanesque "Haroun et la mer des histoires" ! Certes, "Luka et le feu de la vie" n'est pas toujours au niveau de "Haroun et la mer des histoires", mais les trouvailles fourmillent et l'humour est omniprésent.

 

Le père de Luka, conteur émérite, s'endort d'un sommeil qui pourrait bien être le dernier si son plus jeune fils n'y veillait. En compagnie d'un ours, d'un chien, et du double maléfique de son géniteur, il se rend dans le monde des histoires pour voler le feu de la vie. Il y rencontrera nombre de personnages étranges, et la plupart des dieux des mythologies antiques. Un conte initiatique de haut vol.

 

 

Pascal Perrot, texte
Gracia Bejjani-Perrot, graphisme

Publié dans brèves de culture

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• BD en bref : Kraa, la vallée perdue

Publié le par brouillons-de-culture.fr

benoit-sokal.jpgAprès un long détour par le jeu vidéo, Benoît Sokal a retrouvé les chemins du neuvième art.

 

Mais il y a le Sokal qui livra avec l'inspecteur Canardo (19 volumes parus à ce jour) l'une des plus grandes séries policières animalières qui soit. Nihiliste et réjouissant, changeant de cap d'un album sur l'autre.

 

kraa_vallee-perdue_BD.jpgEt le Sokal moins connu, tel qu'il apparut un jour aux lecteurs de Métal Hurlant. Qui revit le jour avec "Sanguine". Dont chaque planche est une œuvre d'art.

 

Kraa, la vallée perdue (Casterman) est de cet ordre-là. Porté par un récit prenant et émouvant. Thriller chamanique qui raconte la complicité d'un jeune ado et d'un aigle. Mais également histoire de vengeance et western écologique dans les paysages sibériens. Le premier album est incontournable. Vivement le second tome !

 



Pascal Perrot, texte

Gracia Bejjani-Perrot, graphisme

 

Publié dans brèves de culture

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• Vincent Ravalec et Xabi Molia : poètes résolument modernes

Publié le par brouillons-de-culture.fr

Ravalec-2.jpgAu XIXème siècle, Rimbaud affirmait qu'il fallait être "résolument moderne". En dépit d'une quasi homonymie, mode et modernité s'opposent bien souvent. Certains poètes du temps jadis demeurent aujourd'hui même d'une modernité renversante. Qu'ils n'eussent pu conserver s'ils s'étaient contentés de suivre la lubie du moment. Bien des contemporains s'essoufflent à suivre le "mot d'ordre" rimbaldien. Mais répondent aux sirènes de la mode plus volontiers qu'ils n'empruntent la voie étroite de la modernité.

 

Rares sont ceux qui, comme Xabi Molia et Vincent Ravalec, RAVALEC-3.jpgparviennent à surmonter la difficulté. Extraire la part d'universel de la vie de nos contemporains. Parallèlement, savoir en isoler le caractère unique. Parler d'un aujourd'hui fluctuant sans pour autant se laisser enfermer dans cet objectif. Tel est sans doute aujourd'hui "être résolument moderne". Cela exige une justesse du regard et du langage. Pouvoir voir dans et au-delà, en un même mouvement.

 

Lecteur assidu des romans de Vincent Ravalec, moins friand de ses nouvelles à mon  sens inégales, j'étais perplexe face à sa veine poétique. Combien de grands romanciers furent de piètres poètes et de très grands poètes des romanciers douteux. "Une orange roulant sur le sol d'un parking s'illuminant tranquillement de toutes les couleurs de l'univers" avait à priori davantage de quoi me déconcerter que me séduire. Car l'objet ne se laisse pas apprivoiser facilement. Graphisme pop art, phrases éclatées dans tous les sens… éléments qui laissent généralement augurer d'un texte où la forme importe plus que le sens.

 

Une-orange-Ravalec.jpgErreur ! La poésie de Ravalec n'a rien d'un hiéroglyphique laboratoire des mots. Elle prend au cœur et aux tripes, s'insinue dans nos neurones avec une belle insolence. On y retrouve certaines des obsessions du Ravalec romancier, mais portées à la puissance dix, à l'état brut, quasiment dépouillées des oripeaux du récit. Une orange roulant sur un parking, un  SDF se mettant à chanter peuvent y prendre une dimension métaphysique et purement poétique.

 

Cette nuit-là

Les dieux inventèrent les mensonges

Les pistes de danse

Et le son diffus

Du tambour et de la chance

Ils décrivirent le temps

Comme une roue absente

Déserte et creusée de silence

 

ravalec.jpgLe basculement du quotidien le plus banal vers les hauts vertiges de l'inconnaissable : un fil conducteur de nombre des romans de l'auteur, mais dont il imprègne ici chaque page, avec une verve intarissable. Long poème qui s'élance vers le plus haut de l'homme, sans pourtant jamais zapper ce réel où nous vivons. Qu'il prend à bras le corps pour l'emmener ailleurs. Alternant prose, vers libres et passages rimés, Ravalec impose sa propre règle du jeu, que le lecteur acceptera sans réticences.

 

Dans une maison du Marais

assis sur le seuil

un squelette

attend une ouverture

dans un pli du futur


Réflexion bouleversante sur la place de l'homme dans l'univers, le poète ne s'interdit ni l'hermétisme - bref instants précédant un souffle, une lumière- ni le vers de mirliton -sporadique jeu avec les mots, avant de reprendre sa quête du plus profond et du plus vrai.

 

Le présupposé de l'énoncé

indique qu'il faut considérer

comme plausible l'hypothèse

d'une croissance exponentielle

à travers l'espace et les siècles

de cet instant brisé (…)

 

Oui, Ravalec est profondément ancré dans le XXIème siècle. Il l'est aussi dans sa nature transgenre, explorant des modes d'expression aussi différents que le roman, la poésie, la chanson, ou le cinéma. Ce dernier trait, il le partage avec le grand Xabi Molia, poète, romancier, cinéaste d'importance .

 

xabi-molia-582.jpgLe succès de "Huit fois debout", son premier long, a quelque peu éclipsé la révélation que fut, pour certains "État des lieux". Recycleur de génie, Xabi Molia se nourrit de ces infra-langages par lesquels se formule notre vie quotidienne : prose journalistique, modes d'emplois, jargon informatique et discours politiques. Pour mieux les filtrer au tamis de sa prose poétique, riche en humour et en métaphores.

 

L'ouverture inconsidérée d'une mémoire peut réserver à son utilisateur une série de désagréments allant de l'occlusion d'un sinus au cataclysme final. On ne saurait ainsi que conseiller audit utilisateur la plus grande prudence.

 

Xabi Molia parle de légendes mortes, de retour à l'ordre, d'une xabi-molia-txikia.jpgsurinformation qui noie l'essentiel sous un amas de futilités, de la difficulté d'oser. Subversif, corrosif, il n'hésite pas à se placer, dans certains textes, du point de vue de l'oppresseur :

 

Sous ma juridiction, les écrivains seront parqués dans d'étranges tours circulaires, dont seraient perdus la clé des portes et l'emplacement des portes

 

Cycle de l'ordre : voilà où nous en sommes

À réclamer bâtons, autorité  D'autorité la préférence pour le cercle

Le danger crie partout : c'est le nouveau refrain, le tien Chaque geste un délit

 

Vers libres et proses s'alternent, s'enchevêtrent parfois. Les styles se jouxtent et se superposent. Les poèmes demeurent le plus souvent sans titre, comme si les miroirs de l'époque ne pouvaient être nommés. Par-delà ce qui est dit, Xabi Molia met en relief cette part d'indicible, de cris non-formulés qui jalonnent la vie de ses contemporains. Et n'hésite pas, dans la révolte, quand il le faut, à parler clair

 

La police aux frontières a la pression du résultat

Le taux de reconduite est inférieur à vingt pour cent

Mariame Getu Hagos, un Éthiopien de vingt-cinq ans,

Meurt dans son siège pressé, la nuque vers le bas

 

9782070773978.gifLa rage de Xabi Molia est cependant rarement ostentatoire. Elle garde une forme de pudeur, comme pour mieux s'ériger contre l'obscénité de l'époque, où tout s'étale et se dit jusqu'au trop plein, au-delà de la satiété.

Aussi n'est-il pas étonnant qu'il use parfois de l'humour noir pour parler d'amour

 

J'ai tiré sur ta peau comme sur un emballage, mal ajusté, flottant, et qui pourtant n'a pas cédé. J'ai tiré, mais des siècles

Accroupi sur le lit j'ai défait ma ceinture et puis, sans te gifler, je l'ai posée à côté de ta robe. Ne me regarde pas

Nus c'est encore l'intimité des sarcophages

 

Ainsi chacun à sa manière, déphasée, décalée, admirable, Xabi Molia et Vincent Ravalec sont incontestablement fidèles à l'injonction du poète du "Bateau Ivre". Leur modernité nous touche comme la lettre d'un proche, qui nous conte ses explorations dans les forêts du langage.

 

 

 

Pascal Perrot, texte

Gracia Bejjani-Perrot, graphisme

Publié dans peau&cie

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• Julien Beneyton : peindre vrai

Publié le par brouillons-de-culture.fr

orelsan.jpgJulien Beneyton peint vrai. Sans se laisser happer par les sirènes de l'hyperréalisme qui, passé l'effet de surprise - est-ce une photo ou un tableau ? - se révèlerait rapidement un brillant mais vain exercice de style. Sans sacrifier aux dieux de l'abstraction, terre d'exploration qui s'avère limitée quand on ne possède pas le génie d'un Delaunay ou d'un Kandinsky.

 

 

Il faut pour cela inventer un autre langage, envisager autrement le figuratif. Et la tâche n'est pas à portée de tous. C'est avec une décomplexion qui ne manque pas de panache que depuis quelques années s'y attache Julien yoshi.jpgBeneyton. Le trait est précis, incisif, ancré dans une contemporanéité qui relève de l'évidence. Mais on le sait, tout ce qui semble couler de source découle d'un travail, d'une réflexion.

 

Beneyton mixe de nombreux styles qu'il transforme en sa griffe unique, reconnaissable au premier coup d'œil. Il ne s'y soumet pas. Mieux, il les dompte pour les engager dans sa direction. Ce qui exige une volonté de fer. S'il absorbe quelques effets de l'hyperréalisme, il les percute aussitôt avec des emprunts à l'art naïf. S'il intègre l'univers du graph, c'est pour mieux l'amener sur son propre territoire. Ses tableaux fourmillent de détails, qu'on ne peut embrasser d'un seul regard, et qui disent notre réalité sans fard.

 

Définir Julien Beneyton comme un Douanier Rousseau qui aurait rencontré Basquiat et Norman Rockwell serait un raccourci tentant.

50cent-d.jpg

Mais ne saurait en résumer le style, tant celui-ci demeure unique. Portraits vérité fourmillants de vie, fresques des rues new-yorkaises ou de semi-bidonvilles, rappeurs saisis au plus vif de l'instant, en concert ou dans leur intimité.

Ou sculpture de SDF endormi sous des cartons et entouré d'objets, si réaliste que j'ai un temps cru qu'on avait squatté le lieu de l'exposition.

 

Julien Beneyton multiplie les talents. Il nous donne à voir et à réfléchir, au travers du miroir abrupt de ses toiles. Lesquelles sont en trois dimensions, les côtés révélant des détails, anecdotiques ou essentiels, qui enrichissent et éclairent parfois son "état des lieux".

 

breakers.jpgEn un mot précipitez-vous à l'expo qui lui est consacrée à la Maison des Arts de Malakoff. Le cadre est agréable. Le choix d'espacer les tableaux, de les laisser "respirer" permet de prendre son temps pour entrer dans l'univers de l'artiste. Le nombre d'œuvres exposé peut nous laisser sur notre faim, mais il permet également de prendre le temps de voir chacun des éléments qui composent les toiles. Ce qui n'est pas à négliger, une seule vision ne saurait tous les embrasser…

 

 

 

 

Pascal Perrot, texte

Gracia Bejjani-Perrot, graphisme

 

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Pour plus de détails sur l'exposition voir ICIphotobeneyton.jpg

 

Julien Beneyton  - A la régulière

15 janvier - 27 mars 2011

entrée libre  

 

Maison des Arts de Malakoff

105, av du 12 février 1934 - 92240 Malakoff

Métro : Malakoff-Plateau de Vanves

mercredi au vendredi de 12h à 18h - samedi et dimanche de 14h à 19h

Tél. : 01 47 35 96 94

maisondesarts.malakoff.fr

julienbeneyton.net

Publié dans plein la vue

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• Je hais la musique.

Publié le par brouillons-de-culture.fr

Bosch18.jpgJe hais la musique. La musique que j'aime tant. Devoir subir ce bruit de fond que devient la musique, quand elle n'est pas écoutée. D'espace en espace, la même poursuite infernale, seul le rythme change. Harcèlement permanent que ce fond sonore.

Fond sonore.

Quoi de plus laid qu'un tel concept ? Quel fond ?

Pour parfaire le tableau, des écrans à présent.

Que de restaurants, de lieux publics... où les télévisions -grand écran SVP, ultra Ensor_OK.gifplat- diffusent clips ou films. Des images défilent sans texte, sans voix, puisque la musique s'acharne en parallèle. Cinéma muet façon XXI° siècle. Ni radio, ni télévision, mais des engins à fabriquer du bruit, des  formes. Partout, sans relâche. Je hais la musique. Rejet épidermique qui me submerge de violence.

fussli_silence.jpg

Tout pour que le regard ne rencontre jamais le silence ; pour que les oreilles ne se reposent guère. Au point de s'étonner quand résonnent nos voix dans un restaurant aphone. Devenus fantômes à nous-mêmes tant nos sens sont saturés...

Illustrations :
© Bosch

© Ensor
© Fussli

Gracia Bejjani-Perrot

Publié dans tout y passe

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• Livres en bref : Mon oncle Benjamin, à lire et à relire

Publié le par brouillons-de-culture.fr

OncleBenjamin.jpgIl faut lire ou relire "Mon oncle Benjamin" de Claude Tillier (Le Serpent à plumes).

 

Un roman étonnant, surprenant, détonant à chaque page. Savoureusement indispensable. Un brûlot anarchiste d'une belle vigueur, dont le film de Molinaro (en dépit d'un Jacques Brel impérial) ne rend qu'une faible idée.

 

Livre épique sur un homme qui ne croit à rien d'autre qu'en la vie. Et par voie de conséquence, ni à l'argent, ni au pouvoir, ni aux responsabilités. Picaresque, pétri d'humour, d'une belle humanité et souvent très politiquement incorrect, même de nos jours.

 

Quand je pense que cette œuvre a été écrite au 19ème siècle, par un écrivain mort dans la fleur de l'âge, j'en reste bouche bée…

 

En cherchant des illustrations à cette notule, j'ai trouvé ce bijou de vidéo : Brassens et Fallet discutant avec Michel Polac de littérature et de... Claude Tillier et de... "Mon oncle Benjamin" et de biens d'autres écrivains, dans "Les Livres de ma vie". Quelle joie d'écouter Brassens parler en ces termes de Claude Tillier et par le plus heureux des hasards.

retrouver ce média sur www.ina.fr

 

Pascal Perrot, texte

Gracia Bejjani-Perrot, illustration

 

Publié dans brèves de culture

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• Ciné en bref : et c'est ainsi qu'Hitchcock est grand…

Publié le par brouillons-de-culture.fr

Hitchcock--Alfred.jpgLa rétrospective Hitchcock continue jusqu'au 28 février. Où ça ? À la Cinémathèque. Voir le programme ICI. Une manifestation qui encourage tous les grands magasins et les éditeurs vidéos à ressortir du placard tous ses films. Et nombre de salles de cinéma à sortir leurs copies.

 

Il est surprenant que ce diable d'homme ait réussi à nous faire croire qu'il réalisait des films policiers. Car si suspense, rebondissements, escroqueries... et naturellement meurtres sont souvent présents dans ses œuvres, ils n'en sont la plupart du temps qu'un des multiples éléments. Le point central, le plus souvent, réside dans la peinture des caractères. Par exemple, dans "L'ombre d'un doute", la nature criminelle du "héros" apparaît dès les premières minutes. Le vrai sujet : les illusions de sa nièce qui le vénère, et la dislocation de la famille.

 

Films romantiques (Rebecca, les Amants du Capricorne…), psychologiques voire psychanalytiques (Pas de printemps pour Marnie, La Maison du Dr Edwards, Lifeboat, Soupçons...), humour noir (Mais qui a tué Harry ?, La Corde)..., films fantastiques ou d'horreur (Les oiseaux, Soupçons, Vertigo...) cet immense directeur d'acteurs a en réalité exploré tous les genres.

 

Et c'est paradoxalement dans ses films les moins truffés en rebondissements qu'on prend toute la mesure de l'élégance et de la précision de sa mise en scène. Ainsi que de sa singulière omniprésence. Chaque cadre, emplacement, configuration de l'image est fruit d'une réflexion personnelle de l'auteur. Hitchcock ne laisse rien au hasard. Un simple objet (bouteille de champagne, ciseaux, téléphone ou paire de lunettes) peut devenir un enjeu dramatique majeur. Et livrer nombre d'informations essentielles en une scène muette (le commencement du "Crime était presque parfait"). Caractériser les personnages avant leur apparition à l'écran, comme ces chaussures en mouvement (le début de "L'Inconnu du Nord Express")...

 

Qu'il ait entre les mains le script le plus élaboré ou le scénario le plus linéaire, il en fait une œuvre personnelle. Tout ici réside dans l'art de mettre en forme la matière, dans le traitement qu'il lui impose, source d'une manière unique de filmer. Et c'est ainsi qu'Hitchcock est grand…


Pascal Perrot, texte
Gracia Bejjani-Perrot, illustration

Publié dans brèves de culture

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• Van Hamme 3) du Chninkel à Largo Winch

Publié le par brouillons-de-culture.fr

vanhamme cover 2Comme Gaston Leroux, Van Hamme est un "ogre" littéraire, un infatigable raconteur d'histoires, enchaînant les scénarios les plus explosifs avec un bel appétit. En 86, alors que les séries XIII et Thorgal tournent à plein régime, ce stakhanoviste effréné trouve encore le temps d'accoucher de ce que beaucoup considèrent comme son Grand Œuvre : Le Grand Pouvoir du Chninkel. Une réinterprétation décalée du Nouveau Testament dans un univers d'héroic fantasy.  A priori, pas de quoi affoler les aficionados de BD. Un projet qui, avec tout autre aux commandes, eût semblé irréalisable et voué à l'échec. Ou au ridicule… Avec Van Hamme, le résultat est proprement renversant.

 

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Un monde en proie à des guerres meurtrières, où les plus pauvres font les frais des massacres seigneuriaux. Mais le Très Haut apparaît à l'un d'entre eux. Un pauvre hère sans la moindre influence. Et pourtant, c'est à ce cœur pur et innocent que va être confiée la lourde tâche de faire entendre une parole de paix. Une mission qu'il voudra d'abord refuser. Et qu'il assumera du mieux qu'il peut, se découvrant des facultés qu'il ignorait posséder.

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Pas un instant Van Hamme ne lâche son lecteur, dans un récit qui alterne avec brio l'humour et l'émotion pure. Je défie quiconque de ne pas avoir usé quelques mouchoirs avant la fin, bouleversante. Une œuvre qui fut récompensée par  le grand prix des Alpages à Sierre en 1987 et l'Alph'art du public à Angoulême en 1989.

 

En 90, Van Hamme met en branle une nouvelle série "Largo Winch". J'avoue avoir mis du temps à me pencher sur cette BD. L'histoire de ce jeune milliardaire un peu voyou, héritier d'un empire financier, ne m'excitait pas outre mesure. J'avais évidemment tort, car sitôt refermé le premier album, je me mis à dévorer le suivant.

 

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Tout commence par un homme d'affaires à la tête d'un des plus gros empires financiers mondiaux. Face à lui, un homme dont le visage demeure dans l'ombre. On comprend vite que l'intrus est venu pour le tuer. Et que la victime est loin d'être un enfant de chœur. Mais la série n'est pas un  whodunit à l'Agatha Christie. On connaît en fait assez rapidement le meurtrier, pas plus reluisant que le défunt milliardaire. Le pivot de l'histoire : l'héritier du groupe W. Se sachant stérile, le nabab a adopté un jeune orphelin yougoslave, auquel il a donné son nom. À défaut de l'élever lui-même, il le rencontre de temps à autre pour l'initier aux arcanes de la finance.

 

francq largo16 hfLargo est un jeune homme turbulent, un peu voyou, un peu anar, don quichotte des justes causes, plus homme d'action que businessmaker. S'il accepte de relever le défi, c'est davantage par jeu que par goût du lucre. Son style, franc et direct ne plaît pas à tout le monde…

 

On notera des points communs entre le fougueux Largo et d'autres héros de Van Hamme. Comme Thorgal thumb-largo-winch---le-personnage-de-jean-van-hamme--2303(à son corps défendant) et XIII, il plaît aux femmes. Comme XIII, il est essentiellement fidèle en amitié et son passé est obscur. Sa famille se compose également au gré des rencontres : Simon, rencontré en prison. Un déserteur israëlien, Kapman devenu son pilote privé et son plus fiable allié. La secrétaire vieille fille qui, déroutée par ses manières, donne d'abord sa démission avant de revenir sur sa décision et de se joindre à son équipe de choc. Et Cochrane, opposé aux méthodes de Largo mais le soutenant lorsque nécessaire.

 

Comme les histoires de Thorgal, chaque récit se déroule sur un seul album ou sur une série pouvant aller jusqu'à quatre. Entre son passé (il a entre autres aidé des rebelles tibétains) qui le suit et les pièges qu'on lui tend pour faire imploser son groupe, à coup d'actions légales ou illégales, Winch a du pain sur la planche. Et n'hésite pas à s'engager physiquement pour défendre les siens ; ni à tout risquer pour honorer sa parole, ou par sens de la justice. Il est demeuré, malgré les apparences, un aventurier.

 

largoVan Hamme avec la série Largo Winch surmonte un certain nombre d'obstacles. En premier lieu, faire un succès d'une série de romans de son crû qui n'a pas caracolé en tête des ventes. En second lieu, initier ses lecteurs à la haute finance (et ses explications sont claires, sans pour autant plomber le récit). En troisième lieu faire d'un milliardaire jouant sur la mondialisation, sans pitié ou presque pour ses adversaires, usant et abusant des paradis fiscaux, un personnage sympathique.

 

L'ultime grain de sable est à mon sens d'ordre graphique. Autant Rosinski et Vance possèdent une identité picturale forte, et une griffe visuelle immédiatement repérable, autant Francq est ce qu'on appelle un honnête artisan, dont le trait ne marque pas les mémoires, s'effaçant souvent derrière ses scénaristes. En dépit de tous ces handicaps, Largo Winch fonctionne et parvient à nous faire haleter à ses trépidantes aventures.

 

 

Le 16 février, sortira dans les salles le second film adapté de la série BD. Avec cette fois-ci un joker de taille : la présence de Sharon Stone au générique. Une consécration rare pour le monde des bulles. 

 



Mais ce diable à ressort de Van Hamme demeure LadyS_tt_05012006_53086.jpgtoujours aussi virevoltant et insaisissable, lançant une nouvelle série "Lady S" (6 épisodes parus depuis 2004). Le dernier Largo Winch "Mer Noire" (le 17ème) est paru il y a peu. De même que sa seconde excursion dans les mondes de E.P. Jacobs.

 

S'il est un scénariste au monde apte à reprendre en main les destins de Blake et Mortimer, à faire revivre cet univers proche de ceux des feuilletonnistes du début du XXème siècle, c'est bel et bien celui de "XIII" et de "Largo Winch".

 

Parallèlement, les enfants issus de ses œuvres continuent à vivre leur vie, de "XIII Mystery" aux "Mondes de Thorgal" qui, comme la première série, enrichit l'existence des personnages secondaires de la saga viking.

 

 

Pascal Perrot, texte

Gracia Bejjani-Perrot, graphisme

 

Publié dans avec ou sans bulles

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