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Mardi 19 mars 2013 2 19 /03 /Mars /2013 19:19

article_Dali.jpgQue reste-t-il de Salvador Dali, deux décennies après sa mort ? Un trésor pictural immense. Telle est la réponse imparable que nous apporte la remarquable exposition du centre Georges Pompidou. Génie de la surenchère médiatique, bateleur chamarré poussant jusqu'à l'absurdité le fameux esprit français, multipliant les petites phrases, les formules à l'emporte-pièce, les déclarations surréalisto-délirantes, Salvador Dali fut, de son vivant, tellement phagocyté par la création de son propre personnage que l'on en viendrait presque, parfois, à en oublier l'essentiel. A savoir qu'il fut sans conteste l'un des plus grands peintres de la seconde moitié du XXème siècle.

 

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Une œuvre polymorphique et abondante que ses installations gaguesques, parfois proches de la fumisterie pure et simple, ne sont fort heureusement pas parvenu à occulter. Une mise en perspective s'imposait donc, et le Centre Georges Pompidou s'en acquitte avec faste, générosité et brio. Soixante ans de création frénétique sont ici mis en lumière. Et le moins que l'on puisse dire est que cette lumière est éblouissante.

 

Délaisser l'ordre chronologique au profit d'une approche thématique peut sembler un choix hasardeux ; il se révèle en l'occurrence payant. On est frappés par le sentiment d'homogénéité qui se dégage de l'ensemble des dali-2.jpg 150 toiles en provenance du monde entier. Comme si Dali était entré en peinture armé de pied en cap. A tel point qu'il est difficile de parler à son propos d'œuvres de jeunesse. Les plus anciennes de ses créations exposées ici diffèrent fort peu de celles de la maturité. La sûreté du trait peut-être ? La complexité des compositions ? Ou les thèmes, parfois repris de manière quasi-obsessionnelle ? Car Dali se nourrit de tout… De ses contemporains comme des chef-d'œuvre du passé. Des grandes figures de son temps et de ses avancées scientifiques (ses travaux holographiques sont à ce titre éloquents).

 

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Constante mais évoluant sans cesse, la peinture du fantasque et grandiose espagnol ne cesse jamais d'intriguer, de surprendre. Il ne copie pas les grands peintres, il les invite dans son monde. Ainsi, l'angelus de Millet, accommodé de mille et une manière, se transforme en icône pop art. Mao ou Staline deviennent des éléments décoratifs. Vélasquez prend soudainement du relief. Certains tableaux de Salvador Dali contiennent à la fois Picasso, Picabia et De Chirico, en leur donnant une transcendance inédite. L'auto-affirmation de son génie ne relève guère de la méthode Coué, mais d'une lucidité quelque peu orgueilleuse. Improbable croisement entre la figuration pure, l'abstraction delaunesque et le surréalisme dont il a rapidement dépassé les frontières, Dali peint avec fougue, excès. Mais également avec une maîtrise et une cohérence rare.

 

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Des télés disposées dans chacune des salles de l'expo nous montrent Dali dans son infatigable logorrhée, pérorant à l'excès, naïf et calculateur, visionnaire et foutraque. Que celui qui aimait jouer les bouffons médiatiques jusqu'à quasi-saturation soit le créateur de ce style unique, dont sont issues tant de compositions saisissantes est un fait pour le moins troublant. Plus surprenant encore : son désir de gloire télévisuelle n'a jamais altéré la force de ses toiles, ni sa puissance créative. Au final : un pourcentage impressionnant de chef d'œuvres.

 

Que Salvador Dali use du nombre d'or, la fameuse "divine proportion" en usage chez les peintres de la Renaissance ne saurait suffire à expliquer son génie. Il serait anecdotique si d'emblée le peintre ne s'imposait par des qualités d'exception.

 

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Alchimiste des couleurs, ses toiles se mosaïquent d'éclats de rouge, de jaune, de bleu. Ceci explique peut-être cela : en dépit d'une omniprésence du sexe et surtout de la mort, jamais ses toiles ne sont ni impudiques ni anxiogènes.

 

Son sens de l'outrance, son imaginaire exubérant n'étouffent pas son rare talent de miniaturiste. Bien au contraire. Quelle que fut la taille du support, Dali se garde de négliger l'importance du moindre détail. Chaque objet identifiable est reproduit avec une exactitude confondante. Cette densité du réel dans ses œuvres donne une vérité inouïe aux fantasmagories et hallucinations qui s'y mêlent.

 

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Formes venues d'autres dimensions, au-delà de l'espace temps. Une spécificité que l'on retrouve dans ses multiples portraits fantasmés de Gala, dans ses multiples déclinaisons de l'Angelus de Millet ou dans ses renversantes crucifixions, qui voient le Christ léviter sur sa croix.

 

 

Alors qu'importent ses déclarations souvent contradictoires, ses positions politiques pour le moins ambiguës, et quelquefois à l'opposé de ses actes comme de ses propositions. Qui était Dali l'homme  au delà de ses masques ? Seules ses toiles peuvent peut-être nous donner quelques clés…

129746.jpg

 

 

Sur le plan pratique, préférez les nocturnes. Les visiteurs diurnes doivent se préparer à des heures d'attente. Extérieure puis intérieure. Et à une foule plus dense à l'intérieur qu'à l'heure de pointe. D'autant que, jusqu'à sa clôture le 25 mars, l'expo se produit non stop 24h sur 24.

 

Une performance que n'eût sans doute pas renié l'immense Salvador Dali !

 

 

 

 

Pascal Perrot, texte

Gracia Bejjani-Perrot, graphisme

 

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Dimanche 9 décembre 2012 7 09 /12 /Déc /2012 23:34

exposition-edward-hopper-grand-palais-L-nYKRBB.jpegS'il n'est pas évident d'entrer à l'expo du Grand Palais, il l'est encore moins d'en sortir, tant est grand le pouvoir hypnotique des toiles de Edward Hopper. Un peintre dont nous croyions tout savoir et dont il nous faut, pas à pas, réapprendre le langage. Popularisé en France par les reproductions de ses toiles en couverture de romans (notamment la collection 10/18), Hopper n'avait jusqu'alors jamais eu les honneurs d'une rétrospective sur notre territoire. Difficile dès lors de ne pas en avoir une image faussée, à laquelle cette exposition impose de sérieuses révisions.

 

Hopper hyperréaliste ? Sa mise en scène du réel, ses influences impressionnistes perceptibles dans nombre de tableaux rendent rapidement caduque une telle affirmation. Hopper, peintre typiquement américain ? Un tel credo vise à réduire la portée de l'univers Hopperien à celle d'un monde de cartes postales, à faire conference_at_night.jpgde l'artiste un peintre régionaliste, sorte de Canaletto made in USA. Et si elles sont depuis devenues iconiques et emblématiques (on ne compte plus les images cinématographiques inspirées par ses œuvres), parce qu'elles stimulent l'imaginaire, ses représentations de l'Amérique n'en sont pas moins fantasmées, retravaillées à travers le filtre d'un regard unique. Hopper, peintre des solitudes urbaines ? Étonnant étiquetage pour celui qui consacra un tel nombre de toiles à la vie rurale, celle des petits villages oubliés de la carte et aux petites gens, aux obscurs, aux crottés, aux sans grade.

 

Le mérite de l'expo du Grand Palais (une quasi-intégrale !) est de mettre en perspective les œuvres de ce petit maître et ses plus notables influences. En premier lieu, son professeur d'arts plastiques : Robert Henri. Entre académisme honteux et impressionnisme hésitant, ses tableaux ne méritent à mes yeux qu'un intérêt poli. Mais également nombre d'artistes français, au premier rang desquels Degas, Pissarro et Félix Vallotton, excusez du peu… ou encore le photographe hexagonal Eugène Atget, portraitiste des friches urbaines et des grandes edward_hopper-nighthawks-1942.jpgmaisons isolées. Puis apparaissent les premières toiles de l'ami américain, des aquarelles où se dessine déjà l'ombre d'un géant. Ses gravures, les couvertures de journaux qu'il réalisa pour vivre. Tous domaines dans lesquels il témoigne d'un talent singulier.

 

Je me prends à zapper, impatient et fébrile… Certes, tout ceci est bel et bon, mais je crains d'être frustré du repas en lui-même par abus d'apéritifs. Se profile la crainte d'une expo générique, du style "Hopper et son temps", où me seraient proposés en plat principal quelques maigres morceaux du peintre. Mais le Grand Palais tient ses promesses : trois grandes salles sont consacrées aux œuvres de maturité, celles où le génie de l'artiste s'exprime dans toute sa plénitude. Chaque toile est un vortex qui vous aspire à l'intérieur d'une histoire d'on le ne sait rien. A réinventer sans cesse, à chaque nouvelle vision. Et justifie pleinement l'entrée en matière de l'exposition, au point de susciter l'envie de revenir sur ses pas.

 

office-at-night.jpgCar ce qui rend unique la peinture de Edward Hopper, c'est d'avoir su rendre homogène une juxtaposition de styles antinomiques. Réaliste, voire académique ? Hopper tend à le faire croire en poussant à l'extrême le souci du détail. Objets sur une table méticuleusement reproduits, comme dans son "Office at night" ;  reflets sur une vitre ; précision dans la description vestimentaire de la tenue des personnages. Mais Hopper trompe son monde : dans cet apparent classicisme, il multiplie les clins d'œil à Modigliani et à Soutine, laissant dans un quasi-flou des éléments importants du décor, faisant surgir un reflet ou une ombre non-réalistes, peignant des yeux sans pupille. Ou introduisant dans une toile aux tonalités1127108_exposition-edward-hopper-ne-pas-reutiliser.jpg sombres des "taches" de couleurs vives : bleus, rouges ou jaunes éclatants, qui font d'office penser aux fauves et éloignent sa peinture d'un quelconque réalisme. Ainsi, dans "New York Office" : une jeune femme derrière un comptoir d'acajou, dont l'officine donne sur des immeubles aux murs gris. Mais c'est une blonde, qui porte une robe d'un bleu éblouissant.

 

edward_hopper_self_portrait_1906.jpgDeux séjours en France ont fortement marqué le peintre, et l'ont convaincu de la nécessité, sans cesse réaffirmée, de se nourrir de l'art européen. Condition sine qua non d'une évolution dynamique de l'art pictural américain. La métamorphose du jeune Hopper ne s'est pas faite en un jour. Pas davantage que l'élaboration de son art.

Il suffit de mesurer hopper.self-portrait.jpgl'écart qui sépare son autoportrait de 1905 de celui qu'il peignit dans les années 20. Au premier, imprégné d'un classicisme presque académique s'oppose le second, qui fausse délicieusement le jeu du réalisme. Un mur à la perspective impossible, un Hopper serein posant avec un chapeau et une chemise d'un bleu qu'on eût plus volontiers imaginé chez Nolde ou chez Matisse.

 

 

Entre temps, il y aura eu le magnifique "Soir bleu" en 1914, déluge de couleurs incompris en son temps (la toile fit scandale quand elle fut exposée). "Soir bleu" parvient pourtant à un vrai tour de force : marier harmonieusement impressionnisme et expressionnisme. Il fête les épousailles de Renoir ethopper6.jpg Kokoshka. Des deux côtés du personnage central, des individus qui semblent surgis d'une "Partie de campagne". A sa gauche, une femme debout. A l'extrême gauche, un homme assis. Ces deux dernières figures, en revanche, évoquent davantage les peintures d'un Otto Dix.  Au centre de la toile un clown, la cigarette aux lèvres. Un détail insuffisant à lui donner visage humain. Tout est ici, en concentré : ce mélange imparable d'inquiétude et de sérénité, cette fusion de styles à priori opposées, cet éclair de couleur vive (ciel et mer d'un bleu parfait qui dominent le fond de la toile) venant trancher sur des tonalités sombres. Hopper devra distiller par la suite avec parcimonie ses géniales trouvailles pour mieux se faire entendre.

 

Hopper joue avec la réalité, bien davantage qu'il ne la "singe". Truquer la perspective demeure une constante de ses

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tableaux, avec une prédilection pour ceux qui sont le plus descriptivement exacts. Dans des espaces géométriquement circonscrits, où domine la ligne droite, surgit soudainement un angle ou une perspective impossible.

Dans le célèbre "People in the sun", cinq personnages sont assis sur des transats, s'exposant à un soleil qui ne nous est pas montré. Mais chacun est dans son monde intérieur.

 

Hopper, peintre de l'incommunicabilité, davantage que de la solitude. Quand il peint des duos ou des scènes de groupe, chaque personnage est dans sa propre bulle, dans son univers et dans ses pensées. Dans "Route à quatre voies", par exemple. Une 80106898_p.jpgmaison, sans doute celle du propriétaire d'une station à essence, dont on aperçoit les pompes juste devant. La femme à la fenêtre du pavillon appelle son homme, ou l'accable de reproches. Celui-ci assis dehors, pense à tout autre chose : au client qui ne se manifeste pas, au temps où sa femme l'aimait, ou à quelque amour perdu. Toutes les histoires sont possibles, mais aucune n'est imposée. C'est sans doute cette ouverture qui rend si facile l'identification aux tableaux de Hopper, l'adhésion immédiate du scrutateur.

 

L'usage excessif et superbe des couleurs, renvoie aux fauves et aux nabis. Il tranche avec l'apparente trivialité de la scène. Le quotidien étalé dans les toiles d'Edward Hopper existe essentiellement dans les toiles d'Edward Hopper…

 

Alors non, Hopper ne peint pas la réalité américaine : il la réinvente sans cesse,  proposant une mythologie des humbles qui n'appartient qu'à lui.

 

 

Pascal Perrot, texte

Gracia Bejjani-Perrot, graphisme

 

 

 

 

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Vendredi 14 octobre 2011 5 14 /10 /Oct /2011 13:41

9782253156741-G.jpgSi Gérard Garouste devait se revendiquer d'une famille picturale, sans doute serait-ce celle, peu fréquentée (parce qu'infréquentable/inconfortable) qui vit naître Goya ou Roland Topor, pour n'en citer que les plus célèbres éléments. Qui ne tente pas nécessairement de créer de toutes pièces un univers, mais de prendre notre quotidien comme une pâte à modeler et, à force de distorsions, de le rendre quasiment méconnaissable. De le faire basculer dans une dimension autre.

 

Des œuvres fortes, ironiques et rageuses. Avec une âme et des tripes. Du travail, du cœur et de l'intelligence. Et ce petit quelque chose qui en relevait la saveur, et que je mis du temps à pouvoir définir : une cruauté ludique en mouvement. Les personnages de Garouste jouent. Ils sont hilares ou extatiques y compris, et surtout, en présence du pire. Une joie dérisoire et paradoxale certes, mais presque communicative.

GAROUSTE Dérive 2010

 

Depuis que j'ai découvert l'univers Garouste, je suis à l'affût de sa prochaine exposition, afin de pouvoir, comme on dit "voir ses toiles en vrai". Une bonne fée a exaucé mon vœu : sentir le pouls de ses toiles. Son nom : la galerie Daniel Templon, qui expose ses œuvres jusqu'au 29 octobre. Des oeuvres tumultueuses, qui ne laissent ni l'esprit ni le cœur en repos. Et le corps, me direz-vous ? Le corps, justement parlons-en. Chez Garouste, les troncs sont la plupart du temps tordus, noueux, d'une vie quasi-reptilienne. Les chairs ondulent, se plissent à des angles impossibles. Monstres dont l'inquiétante familiarité nous interpelle.

 

 

GAROUSTE-GOLEM-11_1.jpgDans un espace relativement vaste, les toiles respirent en toute liberté, et nous soufflent à l'oreille des choses insanes, obscènes, terrifiantes et drôles. Regardez ce golem, qu'hommes et femmes bien mis lèchent, la langue bien tirée, pour l'éveiller. Prêts à toutes les veuleries, à toutes les reptations, ils ne s'affligent pas le moins du monde de leur nature. Pire : ils semblent s'en amuser, comme des enfants qui viennent de faire une bonne blague.

 

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Garouste brosse sa galerie de dégénérés et d'hybrides avec le sérieux qui fait les grands peintres, sans jamais pourtant se prendre au sérieux. Il parvient même à nous faire éprouver envers l'abominable une certaine tendresse. Les couleurs souvent vives, envahissent l'espace sans jamais l'étouffer. Chez tout autre, les fonds seraient sombres, à l'image d'un tel univers. Chez Garouste, une touche orangée, un fond bleu, voire parfois rose donne une touche de vivacité à l'enfer. Ses damnés sont souvent extatiques ou hilares, tel cet homme avalant son bras avec une gourmandise non feinte.

 

Le sujet de la dégénérescence, ou plutôt de ce qui à priori se perçoit tel, peut indifféremment s'avérer homme ou femme. Dans la toile "Bouc expiatoire", un homme au corps semblant dénué de colonne vertébrale, est en plein délire d'adoration, l'œil tourné vers d'autres mondes, face à une femme indifférente, élégamment vêtu de jaune. "Le golem" mêle les personnages des deux sexes. La sorcière au bouc montre un hybride de femme et de chèvre, repue ou concupiscente, face aux côtés d'un homme bouc.

 

GAROUSTE-Le-bouc-expiatoire--ou-Marguerite-en-Gaultier--201.jpg

L'œil voyage, halluciné, dans ces territoires intérieurs d'une force peu commune. Et c'est encore hébété, mais aussi émerveillé, que je traverse la rue pour me rendre dans la suite de l'exposition, impasse Beaubourg. Là nous attendent d'autres terribles splendeurs."Les vanités" étaient jadis un exercice de style auquel se livrèrent notamment les plus grands peintres de la Renaissance. On y représentait de manière symbolique l'un ou l'autre de nos péchés au travers d'une scène cruciale. Dans l'un des coins du tableau figurait un signe de la brièveté de la vie : horloge, crâne. Gérard Garouste ne pouvait résister au plaisir d'une telle thématique. Il s'en empare avec une fougue, une vivacité et une inventivité hors du commun. Tel corps est alourdi par le poids d'une oreille titanesque. Tel autre semble se résumer à la tête et aux zones génitales. Et cette tête de mort, élégante et discrète qui toujours vient ponctuer le temps.

 

Quand il opte pour le réel, comme à travers sa formidable série de portraits, Garouste sait saisir les fragiles instants de bascule, le moment, fût-il éphémère, où le masque tombe. Cette seconde décalée, parfois loufoque, où chacun sort de son rôle. En sculpture encore, il surprend. Bronzes martelés façons Giacometti, réalisme à la Rodin et thématiques goyaesques où des créatures de cauchemar affrontent, hilares, notre regard. Ce n'est pas la partie la plus représentée dans cette exposition, mais ce n'est pas la moins frappante.

 

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À 65 ans, après avoir exposé partout à travers le monde (notamment depuis les années 80) Gérard Garouste a encore bien des choses à nous dire, à nous montrer et à nous faire sentir. Et qu'il demeure plus que jamais dérangeant et stimulant, comme l'est sans doute tout créateur d'une œuvre réellement puissante !                                                                     © Nadji

 

Voir ICI pour plus détails sur l'exposition


 

Pascal Perrot, texte

Gracia Bejjani-Perrot, graphisme


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Lundi 4 juillet 2011 1 04 /07 /Juil /2011 17:27

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La peinture est un terrain idéal pour les associations d'idées. Dites Magritte ou Man Ray, "surréalisme" vous vient aussitôt à l'esprit. Monet, Renoir, Cézanne ? Impressionnisme of course. Otto Dix, Klimt ? Expressionnisme. Mais à ce jeu, certains noms ont l'art de vous déconcerter.

 

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Ainsi, lancez le nom de Van Dongen au hasard d'une conversation. Un grand assurément. Mais à quel courant le relier ? Quel est le tableau le plus représentatif de son art ? On cherche des faux fuyants, on parle d'autre chose. On répond tout à trac, confondant le plus souvent avec un autre peintre.

 

Mon ignorance réelle n'était pas moindre, mais une part de responsabilité en incombe à ce diable d'homme lui même. Qui semblerait toute sa vie s'être acharné à brouiller les pistes, s'amusant à demeurer perpétuellement insituable.

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van-dongen-nu-couche.jpgL'exposition "Van Dongen, fauve, anarchiste et mondain" possède, pour une fois, un titre on ne peut plus approprié. Qui paraît représenter et la peinture et l'homme. Qui était tout cela à

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la fois -et bien d'autres choses encore- sans jamais trancher en faveur de l'une ou l'autre tendance. Impeccable dandy au bras de son épouse dans les réceptions cotées et dans le même temps illustrant les brûlots anarchistes les plus révolutionnaires.

 

N'appartenant à aucun courant, parce qu'il les brasse tous, empruntant, d'un tableau à l'autre, à tel ou tel style ce qui le séduit le plus pour en livrer la quintessence. Car Van Dongen a du panache et le génie des métamorphoses.

 

Fauve, quand il laisse exploser les couleurs dans ces merveilles absolues que sontvan-dongen-enjoleuse.jpg "Le doigt van-dongen-jack_johnson.jpgsur la joue" ou "Jack Johnson". Impressionniste dans les "Marchandes d'herbes et d'amour" ou dans "L'autoportrait en Neptune". Expressionniste dans "L'enjôleuse" "Le vieux clown", qui, en s'affranchissant de Grosz et d'Otto Dix, anticipe déjà Buffet. Voire Lucien Freud.  Proche de Kisling quand il peint Anna de Noailles. Surréaliste dans "Le Tango de l'Archange" ou dans "La nuit".

 

Cette dernière œuvre m'a mis à genoux. Les larmes aux yeux, je suis resté longtemps à la contempler. Tant de simplicité dans autant de beauté. 

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Van Dongen aurait pu n'être qu'un pasticheur de génie. Or, c'est un explorateur. Loin de copier, il anticipe. Il peint comme un Cézanne, un Klim ou un Magritte peindraient trente ou quarante ans plus tard. Il peint surtout comme Van Dongen, avec un sens exceptionnel des formes, des lumières et des mises en espace, jouant avec les perspectives, drainant nos regards

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vers un point focal qu'il a décidé par avance.

 

Il ne s'approprie aucune technique, aucun courant par hasard ; ils deviennent vite, sous ses doigts, la matière même de ses rêves. Alchimiste du regard, il transforme l'or  en nature luxuriante de son paysage intérieur.

 

Qu'il opte pour tel ou tel style, il est toujours Van Dongen. Ne se cantonnant à aucune école, pour mieux donner son art à tous.

 

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Pascal Perrot, texte

Gracia Bejjani-Perrot, graphisme

 

 

Van Dongen  Fauve, anarchiste et mondain 

25 mars - 17 juillet 2011

Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris

 

plus d'info  ICI

 

 

 

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Samedi 14 mai 2011 6 14 /05 /Mai /2011 15:19

cranach expo

cranach-autoportrait-copie-1.jpg Je possédais de Cranach une ignorance quasi-parfaite. À peine quelques nus élégants, femmes de haute stature aux poitrines nubiles, reproduites mille et une fois, qu'analphabète dans ce registre, j'avais cru être la marque de son style.

L'exposition "Cranach et son temps" arrivait donc à point pour remettre mes pendules à l'heure. Et confus et émerveillé, je m'aperçus qu'il leur manquait un millier de tours d'horloge.

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Mille, comme les toiles qu'il nous reste de ce géant de la peinture, qui en engendra des milliers. Le secret d'une telle productivité : un atelier parfaitement rôdé, d'une efficacité parfaite.

À tel point que les spécialistes peinent à distinguer la main du maître de celle de ses élèves dans les toiles signées Cranach. Usine à rêves dont le critère est l'excellence absolue.

 

 

cranach-herculesandantaeus.jpgcranach trois gracesLe plus surprenant sans doute est que la rapidité d'exécution et la réalisation "collective" ne nuisent pas à l'unité de l'ensemble.

 

Dans chacune d'entre elles, on sent l'omniprésence de la patte du maître, mélange détonnant de classicisme et d'audace.

 

Fleuron de la Renaissance Allemande, Cranach en donne une image savoureusement épicée. Il ose toutes les transgressions et sous les habits du gentilhomme, on ne tarde pas à distinguer l'image du joyeux trouble-fête.

 

cranach_ste-catherine-copie-1.jpgCe qui frappe en premier lieu, c'est cette débauche de couleurs, que n'eût pas reniée un fauve ou un nabi, dont les reproductions, même les plus optimales, ne peuvent donner qu'un faible aperçu. Maëlstrom au vif éclat qui régénère notre regard. Nombre de tableaux flamboient d'une variation quasi-infinie de tonalité. Avec le prodigieux "Martyre de Sainte Catherine", le déluge visuel entre en apothéose. Ce bourreau vêtu d'un bouffon costume d'harlequin, ce ciel chamarré d'où jaillit la foudre, tout ici donne un sentiment de fête, d'exubérante catharsis. Sensation paradoxale qui nous trouble et fait jaillir l'émotion de manière inattendue, quand une approche dramatique nous eût sans doute laissés froids.

 

 

cranach_la_bouche_de_la_verite.png Puis s'accoutumant à ce flamboyant vertige, l'œil se prend à voyager sur la toile… et va de surprise en surprise. Ces œuvres si précises, si léchées, si techniquement maîtrisées que nous n'y voyons d'abord que du feu, abondent en incongruités. Visages grotesques, parfois proches de la caricature, impossibles trognes qu'eût pu peindre un Bosch, un Brueghel, un cranach_couple.jpgGoya.

 

 

Représentations bibliques qui frôlent parfois l'irrévérence. Allégories parsemées d'objets si hétéroclites qu'elles eussent pu être peintes par Dali ou De Chirico. Voire plus rarement représentation de la violence dans toute sa crudité, comme dans ce Christ en croix qui saigne abondamment par toutes ses plaies.

 

Dans la série "Gueules d'atmosphère", son "Hercule chez Omphale" mérite une mention particulière. Un Hercule obèse aux yeux de merlan frit, ridiculisé par les femmes de l'entourage de la belle, qui ne le regarde même cranach_HerculechezOmphale.jpgpas. Béat, dévirilisé au possible, le vainqueur de l'Hydre de Lerne n'est plus qu'un pantin, un bouffon de cour. Une vision plutôt culottée en ce seizième siècle naissant. Mais les trognes carnavalesques hantent toute l'œuvre de Cranach, de son Tryptique de la Crucifixion au Martyre de Sainte Catherine.

 

 

 De la mort du Christ il nous livre des versions presquecranach_crucifixion_gravure.jpg "déviantes" en ce siècle féru de religiosité. De la version "gore" susmentionnée, en passant par un Christ bien nourri (sans couronne d'épines) ou cet autre plus conforme mais dont les deux "larrons" sont pour le moins surprenants. L'un, rondouillard, semble affalé sur sa croix et totalement ivre. L'autre a le corps arquebouté au sommet de la croix, la tête tournée vers le bas. Quand aux crucifix, ils sont plus proches, par leur forme du Tau grec que de la croix chrétienne.

 


cranach-luther.jpeg Plastiquement parlant, Cranach est un excentrique raisonnable (et inversement). Politiquement, il est insituable, véhiculant dans certaines toiles les préceptes de la Réforme, peignant Luther, zélateur du protestantisme en exil. Mais n'en oeuvrant pas moins avec le même zèle pour ses commanditaires catholiques. Peut-être est-ce dans ces contradictions que réside la richesse d'une peinture protéiforme.

 

 

On pouvait craindre d'une expo intitulée "Cranach et son temps" que ne soient exposées que quelques toiles cranachiennes pour une pléthore d'artistes mineurs de la même époque. Cela s'est déjà vu dans certaines autres expos, hélas ! Il n'en est fort heureusement rien.

cranach_melanco.jpg Quelques peintres oubliés certes (dont certains méritent le détour) et qui ont inspiré notre homme. Quelques gravures de son contemporain Dürer (qui s'en plaindrait ?). Mais en grande majorité les toiles du maître allemand. Et quelles toiles ! 

 

 

Pascal Perrot, texte

Gracia Bejjani-Perrot, graphisme

cranach-et-son-temps-copie-1.jpg

 

 

Cranach  et son temps 

9 février - 23 mai 2011

 

Musée du Luxembourg

Paris 6°

 

 

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Vendredi 11 mars 2011 5 11 /03 /Mars /2011 15:51

orelsan.jpgJulien Beneyton peint vrai. Sans se laisser happer par les sirènes de l'hyperréalisme qui, passé l'effet de surprise - est-ce une photo ou un tableau ? - se révèlerait rapidement un brillant mais vain exercice de style. Sans sacrifier aux dieux de l'abstraction, terre d'exploration qui s'avère limitée quand on ne possède pas le génie d'un Delaunay ou d'un Kandinsky.

 

 

Il faut pour cela inventer un autre langage, envisager autrement le figuratif. Et la tâche n'est pas à portée de tous. C'est avec une décomplexion qui ne manque pas de panache que depuis quelques années s'y attache Julien yoshi.jpgBeneyton. Le trait est précis, incisif, ancré dans une contemporanéité qui relève de l'évidence. Mais on le sait, tout ce qui semble couler de source découle d'un travail, d'une réflexion.

 

Beneyton mixe de nombreux styles qu'il transforme en sa griffe unique, reconnaissable au premier coup d'œil. Il ne s'y soumet pas. Mieux, il les dompte pour les engager dans sa direction. Ce qui exige une volonté de fer. S'il absorbe quelques effets de l'hyperréalisme, il les percute aussitôt avec des emprunts à l'art naïf. S'il intègre l'univers du graph, c'est pour mieux l'amener sur son propre territoire. Ses tableaux fourmillent de détails, qu'on ne peut embrasser d'un seul regard, et qui disent notre réalité sans fard.

 

Définir Julien Beneyton comme un Douanier Rousseau qui aurait rencontré Basquiat et Norman Rockwell serait un raccourci tentant.

50cent-d.jpg

Mais ne saurait en résumer le style, tant celui-ci demeure unique. Portraits vérité fourmillants de vie, fresques des rues new-yorkaises ou de semi-bidonvilles, rappeurs saisis au plus vif de l'instant, en concert ou dans leur intimité.

Ou sculpture de SDF endormi sous des cartons et entouré d'objets, si réaliste que j'ai un temps cru qu'on avait squatté le lieu de l'exposition.

 

Julien Beneyton multiplie les talents. Il nous donne à voir et à réfléchir, au travers du miroir abrupt de ses toiles. Lesquelles sont en trois dimensions, les côtés révélant des détails, anecdotiques ou essentiels, qui enrichissent et éclairent parfois son "état des lieux".

 

breakers.jpgEn un mot précipitez-vous à l'expo qui lui est consacrée à la Maison des Arts de Malakoff. Le cadre est agréable. Le choix d'espacer les tableaux, de les laisser "respirer" permet de prendre son temps pour entrer dans l'univers de l'artiste. Le nombre d'œuvres exposé peut nous laisser sur notre faim, mais il permet également de prendre le temps de voir chacun des éléments qui composent les toiles. Ce qui n'est pas à négliger, une seule vision ne saurait tous les embrasser…

 

 

 

 

Pascal Perrot, texte

Gracia Bejjani-Perrot, graphisme

 

  .............................................................................

 

Pour plus de détails sur l'exposition voir ICIphotobeneyton.jpg

 

Julien Beneyton  - A la régulière

15 janvier - 27 mars 2011

entrée libre  

 

Maison des Arts de Malakoff

105, av du 12 février 1934 - 92240 Malakoff

Métro : Malakoff-Plateau de Vanves

mercredi au vendredi de 12h à 18h - samedi et dimanche de 14h à 19h

Tél. : 01 47 35 96 94

maisondesarts.malakoff.fr

julienbeneyton.net

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Dimanche 12 septembre 2010 7 12 /09 /Sep /2010 00:00

 

mur-aragon.jpgAllez savoir pourquoi certaines expositions vous semblent moins prioritaires que d'autres. Différées sine die, vous ne les visitez qu'en tout dernier recours pour réaliser parfois combien vos réserves étaient injustifiées. Ainsi en est-il pour moi d'"Aragon et l'art moderne".

 

Les raisons de mes "réticences" : en premier lieu, l'envergure exceptionnelle du poète ne parvint jamais à éclipser tout à fait une personnalité controversée, dont certains traits me sont peu sympathiques. De plus, les historiens de l'art se sont tant focalisés sur ses "mauvais goûts" -entre autres, sa passion de l'art réaliste soviétique- que le reste avait tendance à passer au second plan.

 

 

delaunay.jpg

Sans pour autant se prétendre critique d'art, Aragon écrivit beaucoup sur les peintres de son temps, dont beaucoup devinrent des amis. C'est à la rencontre de leurs œuvres que nous emmène cette exposition.

 

En quelques salles, on aura parcouru un résumé fulgurant de l'histoire du XXème siècle.

 

chagall_arag.jpg

 

 

Casting impressionnant que celui qui réunit Braque, Chagall, Matisse, Picasso, Gromaire, Fernand Léger, Picabia, Tanguy, Robert Delaunay, De Chirico, Giacometti, Klee, Miro, Signac, Man Ray, Masson, Marquet.

 

Des œuvres souvent fortes, dérangeantes, stimulantes, qui disent le monde autrement. Sans nécessairement user du filtre du surréalisme, mouvement qui, s'il fut l'un de ses trois co-fondateurs, Aragon déserta tôt.

 

 

picabia.jpg

Reconnaissons au fou d'Elsa un éclectisme réjouissant. Ample est le spectre de ses admirations.

 

Ce qui étonne pourtant, c'est la remarquable sensation de cohérence qui se dégage de ce qui n'eût pu qu'être un fouillis hétéroclite de haut niveau mais un peu vain.

 

Comme s'il existait entre tous ces peintres, quelquefois aux antipodes dans leur manière d'habiter la toile, d'obscurs liens de parenté spirituelle.

 

Peu de place pour la tiédeur, la douceur ou la mièvrerie … Ici, on taille direct dans la lave en fusion des paradoxes humains. Chaque œuvre vous happe et vous brusque, vous bouscule.

 

Dans cette famille reconstituée de peintres guerriers habités, c'est tout naturellement que Bernard Buffet trouve sa place.

buffet.JPG

En regard de nombre de toiles, quelques phrases d'Aragon. Vivaces comme l'éclair, vibrantes de fougue et d'intelligence. lorjou.jpg Plus proches d'un écho sculpté dans les mots à l'œuvre représentée que de sa critique "objective".

 

Davantage incantations que sous-titrages. La plume d'Aragon n'a pas besoin de forcer pour nous faire voyager très loin sur les terres de l'esprit.

 

Son œil aux aguets défriche tout autant qu'il accompagne. J'avoue ne pas le suivre quand il porte aux nues les naïfs Jules Lefranc et Pirosmani.

 

Mais quelle jubilation que de se laisser surprendre par l'inconnu. Ainsi Bernard Lorjou, entre Grosz et Goya, grinçant à souhait. Ou le sombre et puissant Malkine.

Malkine.jpeg

 

Voigruber.jpgre le fort méconnu Francis Gruber, considéré comme le seul peintre expressionniste français.

 

fougeron.jpg

Ou découvrir Fougeron, qui jusqu'alors pour moi n'était qu'un nom, à travers une œuvre saisissante, qui donne une dimension quasi-biblique à une scène de la vie quotidienne.

 

 

 

Un seul regret : le nombre de peintres représentés permet de voir peu des œuvres de chacun.

Mais le parcours est propice à toutes les métamorphoses de l'esprit. Et donne envie d'explorer d'autres routes, pulsant à travers nous un puissant désir d'art moderne.

 

Une expo qui donne faim d'autres expo, ce n'est pas chose si fréquente… À tout cela ajoutez un prix d'entrée des plus corrects, des salles où l'on circule à son aise, sans faire nécessairement du sur-place et vous comprendrez qu'il vous faut profiter de ces derniers jours pour vous rassasier et l'âme et la rétine.

appart-Aragon.JPG

 

Pascal Perrot, textes

Gracia Bejjani-Perrot, graphisme

 

cp-idtimbre-aragon-art-moderne-dos.jpg

Aragon et l'art moderne

 L’adresse, Musée de la Poste

34, bd de Vaugirard

75015 Paris

 

www.ladressemuseedelaposte.com/

 

Du 14 avril au 19 septembre 2010

du lundi au samedi de 10h à 18h


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